Calculez la réserve héréditaire de vos héritiers et la part de votre succession que vous pouvez librement léguer, selon le Code civil français.
Comment calculer les droits de succession ?
Les droits de succession sont un impôt prélevé sur la part reçue par chaque héritier ou légataire lors d'une succession. Cet impôt, dû au Trésor public, varie considérablement en fonction de la proximité familiale avec le défunt. Le calcul peut sembler complexe, mais il suit une mécanique bien définie par le Code général des impôts (articles 777 à 779 et 990 I). Ce simulateur vous permet d'estimer rapidement le montant à payer en fonction de votre situation.
Les étapes du calcul
Pour déterminer le montant des droits à payer, il faut suivre plusieurs étapes :
- Déterminer l'assiette brute : il s'agit de la part nette reçue par l'héritier (après déduction des dettes et frais), à laquelle on ajoute le montant total des donations que le défunt lui a consenties au cours des 15 dernières années. Cette réintégration vise à éviter les contournements par des donations anticipées.
- Appliquer l'abattement personnel : chaque héritier bénéficie d'un abattement forfaitaire selon son lien de parenté. Cet abattement est déduit de l'assiette brute. Seul le surplus est taxable. Par exemple, un enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 €.
- Calculer les droits selon le barème ou le taux applicable :
- Ligne directe (enfants, parents) : le montant taxable est soumis à un barème progressif par tranches (de 5% à 45%).
- Frères et sœurs : un barème spécifique s'applique (35% puis 45%). De plus, si la part nette taxable ne dépasse pas 24 243 €, les droits calculés sont réduits de moitié.
- Neveux, nièces, oncles, tantes, autres parents jusqu'au 4e degré : un taux fixe de 55% s'applique sur l'assiette taxable.
- Personnes sans lien de parenté : un taux fixe de 60% s'applique.
- Conjoint et partenaire de PACS : exonération totale (droits = 0).
- Ajouter la fiscalité de l'assurance-vie : les sommes perçues au titre d'un contrat d'assurance-vie (souscrit avant les 70 ans du défunt) sont taxées séparément. Chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €. Le surplus est imposé à 20% jusqu'à 700 000 €, puis à 31,25% au-delà.
- Totaliser : on additionne les droits sur la succession (après réduction éventuelle) et les droits sur l'assurance-vie.
Exemple concret détaillé
Prenons le cas d'un enfant unique héritant de 280 000 € de son parent, sans donation antérieure ni assurance-vie.
- Assiette brute : 280 000 €.
- Abattement personnel (enfant) : 100 000 €.
- Assiette taxable : 280 000 € - 100 000 € = 180 000 €.
- Calcul des droits par tranches (barème ligne directe) :
- Jusqu'à 8 072 € : 8 072 € × 5 % = 403,60 €
- De 8 072 € à 12 109 € : (12 109 - 8 072) = 4 037 € × 10 % = 403,70 €
- De 12 109 € à 15 932 € : (15 932 - 12 109) = 3 823 € × 15 % = 573,45 €
- De 15 932 € à 55 232 € : (55 232 - 15 932) = 39 300 € × 20 % = 7 860,00 €
- De 55 232 € à 90 283 € : (90 283 - 55 232) = 35 051 € × 30 % = 10 515,30 €
- De 90 283 € à 180 000 € : (180 000 - 90 283) = 89 717 € × 40 % = 35 886,80 €
- Total des droits bruts : 403,60 + 403,70 + 573,45 + 7 860,00 + 10 515,30 + 35 886,80 = 55 642,85 €.
- Aucune réduction pour frère et sœur ni assurance-vie.
- Total à payer : 55 642,85 €.
Cet exemple montre comment le barème progressif impacte fortement les montants élevés.
Cas particuliers fréquents
Entre frères et sœurs : ils bénéficient d'un abattement de 15 932 € et d'un barème spécifique (35% jusqu'à 24 243 €, puis 45%). De plus, si la part nette taxable ne dépasse pas 24 243 €, les droits calculés sont réduits de moitié.
Pour les conjoints et partenaires de PACS : ils sont totalement exonérés de droits de succession depuis 2007, quel que soit le montant hérité.
Pour les neveux, nièces, oncles et tantes : l'abattement est de 7 967 € et un taux fixe de 55% s'applique sur le surplus.
Pour les personnes sans lien de parenté : l'abattement est très faible (1 594 €) et un taux fixe de 60% s'applique.
Document à préparer après l'estimation
Une fois l'estimation faite, la démarche administrative officielle commence. Vous devez déclarer la succession auprès du service des impôts dont dépendait le défunt. Le document Lettre de notification de décès et déclaration de succession auprès du centre des impôts est le premier formulaire à utiliser pour initier cette procédure. Il permet d'informer le fisc du décès et de demander les formulaires de déclaration détaillée (notamment le formulaire 2705). Il est conseillé de le compléter et de l'envoyer dans les six mois suivant le décès pour éviter des majorations.