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Impôt sur les revenus locatifs en Côte d'Ivoire
Les revenus tirés de la location d'un bien immobilier en Côte d'Ivoire sont soumis à l'impôt. Le régime fiscal applicable dépend principalement du type de location (logement nu, meublé ou saisonnier) et de la qualité du propriétaire (personne physique ou société). Cette calculatrice vous aide à estimer le montant de l'impôt dû selon les règles du Code général des impôts ivoirien.
Comment sont imposés les différents types de location ?
1. Location en logement nu (revenus fonciers) : Pour les personnes physiques, le revenu brut est d'abord réduit d'un abattement forfaitaire de 40% pour frais (article 12 du CGI). Vous pouvez également déduire vos charges réelles (taxe foncière, réparations, intérêts d'emprunt...) si elles sont supérieures à cet abattement. Le revenu net ainsi obtenu est ensuite imposé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP). Pour les sociétés, le revenu net est soumis au taux de l'impôt sur les sociétés (IS) de 25% (Loi de finances 2024).
2. Location meublée et location saisonnière : Elles sont considérées comme une activité commerciale (Bénéfices Industriels et Commerciaux - BIC). L'imposition se fait sur le bénéfice (loyers moins toutes les charges réelles justifiées). Pour les personnes physiques, ce bénéfice est intégré à la base imposable et soumis au barème progressif de l'IRPP (régime réel). Pour les sociétés, le bénéfice est intégré au résultat et imposé au taux de l'IS (25%). Il existe potentiellement des régimes simplifiés (forfaitaire, impôt synthétique) pour les petites activités, soumis à des conditions spécifiques.
La retenue à la source
Lorsque le locataire est une personne morale (une entreprise, l'État), il a l'obligation de pratiquer une retenue à la source de 15% (article 86 du CGI) sur le montant du loyer brut et de la reverser à l'administration fiscale. Ce montant vient en déduction de l'impôt final dû par le propriétaire. Si la retenue est supérieure à l'impôt, le surplus n'est généralement pas remboursé automatiquement.
Exemple de calcul pour une location nue
M. Koné loue un appartement nu 100 000 XOF par mois, soit 1 200 000 XOF par an. Ses charges réelles (taxe foncière, frais d'agence) s'élèvent à 100 000 XOF.
- Revenu brut : 1 200 000 XOF
- Abattement forfaitaire (40%) : 480 000 XOF
- Les charges réelles (100 000 XOF) étant inférieures à l'abattement, la déduction applicable est de 480 000 XOF.
- Revenu imposable : 1 200 000 - 480 000 = 720 000 XOF
- Application du barème progressif IRPP (2024) :
- Tranche jusqu'à 300 000 XOF : 0% = 0
- Tranche 300 001 à 547 000 XOF : (247 000 * 10%) = 24 700
- Tranche 547 001 à 720 000 XOF : (173 000 * 15%) = 25 950
- Impôt dû : 24 700 + 25 950 = 50 650 XOF.
Exemple de calcul pour une location meublée
Mme Diarra loue un studio meublé 60 000 XOF par mois, soit 720 000 XOF par an. Ses charges (électricité commune, internet, ménage) sont de 120 000 XOF.
- Revenu brut : 720 000 XOF
- Charges déductibles : 120 000 XOF
- Bénéfice BIC : 720 000 - 120 000 = 600 000 XOF
- Application du barème progressif IRPP :
- Tranche jusqu'à 300 000 XOF : 0% = 0
- Tranche 300 001 à 547 000 XOF : (247 000 * 10%) = 24 700
- Tranche 547 001 à 600 000 XOF : (53 000 * 15%) = 7 950
- Impôt dû : 24 700 + 7 950 = 32 650 XOF.
Quel document utiliser après ce calcul ?
Une fois votre rentabilité estimée, vous pouvez formaliser la location avec un contrat adapté. Pour un logement nu, utilisez le Bail à usage d'habitation (logement nu). Pour un logement meublé, le Bail à usage d'habitation meublé est plus approprié. Enfin, pour une location de courte durée, tournez-vous vers le Contrat de location saisonnière.
Déclaration et paiement
Les personnes physiques doivent déclarer leurs revenus fonciers ou BIC dans leur déclaration annuelle de revenus (formulaire 100). Les sociétés les intègrent dans leur déclaration de résultat. Les dates limites et les modalités de paiement sont fixées par la loi de finances de l'année. Il est conseillé de conserver tous les justificatifs de loyers perçus et de dépenses engagées pendant au moins cinq ans.